lundi 27 août 2012

Migrations


Hier, nous nous sommes remis aux travaux. Ca faisait longtemps. Ça fait bien quatre ans qu’on habite là, comme de passage. Une grosse maison de brique où le confort se rapproche de celui d’un campement. Où les hivers sont chaque année plus froids.
Cet hiver, de gros morceaux de glace se formaient dans la chambre nord ; ils pendaient aux fenêtres, (la chambre que ma femme a baptisé notre catafalque) comme si un glacier cherchait à pénétrer dans la maison. L’hiver, nous prenons nos couvertures, nos cliques et nos claques et allons nous réfugier là-bas, vers le sud, au voisinage du poêle.
Les oiseaux vont et viennent comme des métronomes. Les grues sont revenues et hantent les labours de leurs silhouettes d’échassiers, picorant ça et là des protéines pour récupérer de leur voyage de retour. Elles remplissent l’espace des collines de leur chant, un chant assez semblable au signal d’une trompe.
Pourtant, ce printemps nous n’irons pas dans notre catafalque. Nous avons décidé de l’isoler. Hier soir, nous avons défait l’enduit à coup de marteau et de burin. Le meilleur isolant, dans ces vieilles maisons, c'est aussi le moins cher, un torchis allégé à base de paille, de terre et de chaux. Voilà notre projet. Aussi, nous nous efforçons d’enlever les restes de ciment. Les poignets font mal. On est recouverts d’une poussière grise. Sorte de retour de l’espoir. L’espoir d’avoir un jour une demeure chaude, et sans cette mer de glace qui nous ignore, qui traverse les murs de notre vie et cherche à nous broyer...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire