t je ne voulais pas d'un chien. Pas moi. Je n'aime pas beaucoup les chiens. Ils aboient, mordent et font du bruit. Ce n'est pas dans mon tempérament de mordre et de faire du bruit.
Ça s'est passé exactement le jour où nous avions décidé d'acheter la maison. Sur le chemin du retour, dans les premières nuits d’automne, une station service. Nous avions faim. Le chien qui traînait là-bas aussi. Alors je suis sorti pour partager mes pirojkis au fromage. Le chien a tout mangé. Maigre, avec des puces, il faisait triste à voir. Ma femme l'avait pris en pitié. Et quand ma femme prend un animal en pitié, il y a plein d'amour et de compassion dans ses yeux. Ce que ma femme ignore, c'est qu'avec ce regard, elle est absolument irrésistible. Elle pourrait alors me demander de sauter dans l'eau pour sauver un poisson de la noyade, je le ferais. Elle me regarda donc ainsi. Ses yeux semblaient demander : « Alors ? Qu'est-ce qu'on fait ? » Et moi, donc, comme un automate, je lui dis : « Alors ? Qu'est-ce qu'on fait ? »
Ma femme qui savait que dans ma famille on déteste les chiens de père en fils n'en crut pas ses oreilles. Ce fut donc bien moi qui pris la décision d'embarquer le chien, impossible de le nier. Je venais de réaliser en une seule courte journée, les deux plus grosses bêtises de ma vie. J'étais devenu l'heureux propriétaire d'une maison et le nouveau maître de ce chien galeux.
On embarqua le chien dans la voiture. Comme tout chien qui a été abandonné, et se laisse adopter par un nouveau propriétaire, celui-là était sale, plein de puces, et surtout très discret. En l'honneur du lieu où il fut trouvé, mon beau-père qui nous accompagnait proposa de le baptiser „Stat'”.
Le chien et mon fils s'entendirent bientôt comme cul et chemise. Mon fils voulait lui tirer les pattes et les oreilles, et mon chien voulait protéger mon fils de tout ce qui mord et aboie.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire